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Tout droits réservés 2012 © Maurice Hennart
  • Maurice Hennart

Forêt et santé

Ce n’est pas une nouvelle découverte, puisque c’est une donnée qui est connue depuis toujours, la forêt à des effets bienfaisants sur la santé. Aujourd’hui, plusieurs études scientifiques le démontrent, la forêt à un impact très concret sur la santé. Nous nous sommes plongés, pour vous, dans plusieurs études scientifiques, dont celle de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) datant de 2008.


La forêt exercerait des effets bénéfiques sur la santé, dans un éventail d’actions différentes les unes des autres, mais qui ont en commun les mêmes objectifs et les mêmes voies sur la santé. Ainsi, l’office fédéral de l’environnement désignent ses effets par le renforcement du bien-être global de la personne, en favorisant la santé sur les plans physique, mentale et social.

D’abord la forêt agit comme un filtre géant, la concentration de poussière y est deux fois moins présente que dans un espace ouvert. On y apprend que l’absorption de poussière du hêtre est de 68 tonnes de poussière par hectares de forêt, ce qui est énorme. La température de l’air étant plus basse au-dessus d’une forêt, en été, les poussières des zones industrielles retombent en grande partie sur les forêts.


Ces poussières se déposent sur les feuillages, les aiguilles et les rameaux avant d’être intégrées au sol par la prochaine averse. La forêt joue ainsi le rôle de filtre à air. Par exemple, pour un petit pays comme la Suisse, ses 11.000 kilomètres carrés de forêt, filtrent 760.000 tonnes de poussières par an.


Cependant, si la concentration de substances toxiques est trop grande dans l’air, les arbres montrent rapidement des signes alarmants. Et ils réagissent souvent déjà à un taux de pollution de l’air non encore directement perceptible par l’être humain. Nous sommes ainsi avertis d’un danger : la forêt fonctionne comme « signal d’alarme » dans ce cas là.

De plus, Les forêts jouent un rôle essentiel dans la purification de l'air que nous respirons, ceci à travers la photosynthèse. En plus d'avoir besoin de la lumière pour décomposer la sève et la transformer en nourriture pour l'arbre, la feuille a aussi besoin d'air. Les feuilles captent la lumière du soleil et l'air de l'atmosphère pour les transformer en sucre, qui servira à nourrir l’ensemble des cellules. C'est à travers ces étapes qu'une partie de l'air est filtré et retourné à l'atmosphère.


La forêt agit aussi comme une barrière anti-bruit. Une réduction de 0,1 à 0,4 décibel au mètre carré. Ce qui a des effets sur la tension artérielle, en la réduisant, et sur les tensions corporelles. Denzler, mentionne dans son étude, que la tolérance au stress est accentuée lors d’une balade en forêt et offre une détente profonde sans avoir recours à de la méditation ou tout autres outils de détente.


La forêt agirait aussi à travers son climat adapter à toutes les saisons. Dans les contraintes hivernales, mais aussi lorsque les vents soufflent en tempêtes. Mais c’est surtout en été lorsque les températures sont chaudes, que l’ombrage de la forêt permets d’atténuer les effets de la chaleur et de se rafraîchir.


Ensuite les odeurs sont ressenties comme bénéfiques par les personnes interrogées. Dans une étude sortie en 2007 (Sutter), de nombreuses substances volatiles sont reconnues comme avoir des effets sur la santé. Ces molécules, dont les monoterpènes, agirait sur le système immunitaire.


Une autre étude, japonaise cette fois, a ainsi démontré que le fait de marcher 2 heures dans les bois améliore les fonctions immunitaires, réduit le niveau des hormones du stress et diminue la pression artérielle.


Au Japon, cette étude a également mesuré l’impact de la sylvothérapie sur le cancer, en vérifiant l’hypothèse selon laquelle les bains de forêt pourraient augmenter l’activité des lymphocytes NK, également appelées cellules tueuses naturelles. Ces cellules fabriquées dans la moëlle osseuse produisent des substances chimiques qui détruisent les cellules cancéreuses. L’étude qui c’est déroulée sur plusieurs groupent d’homme et de femme pendant plusieurs jours à révélé à travers les tests sanguins effectués, une nette augmentation de l’activité des lymphocytes NK. Cette augmentation a même persisté 30 jours après leur retour dans leur vie quotidienne. Se serait spécifiquement les phytoncides, qui se retrouvent dans l’air, qui offrirait cette augmentation significative des défenses du système immunitaire.


La forêt agit aussi sur le psychisme, par son environnement moins agité, avec des effets sur la détente et la réduction du stress comme mentionner plus haut. La flânerie en forêt offre une opportunité de lâcher prise dans l’agitation psychique. La diversité des formes et des couleurs, le calme, le retour à soi-même, dans un lieu naturel permet à la personne attentive de se détourner des soucis quotidiens et de lui permettre de se ressourcer au niveau mental. Ainsi, une promenade déclenche des sensations positives avec des répercussions directes sur le psychisme tant conscient qu’inconscient. Ces effets peuvent se répercuter sur la vie quotidienne du randonneur et son inspiration. La forêt serait donc une source de créativité.

Nous avons, étude à l’appui, plus d’ouverture sur l’autre dans un espace forestier. Le rapport à soi y serait plus fort, ce qui agirait sur la construction de son identité propre. Mais se sont aussi des lieux propices à la construction de l’identité à travers la pédagogie en forêt et la connaissance de ce lieu si particulier. Les forêts sont des espaces privilégiés pour l'interprétation de la nature, la sensibilisation à la conservation de la nature, la vulgarisation scientifique des phénomènes environnementaux dans lesquels l'arbre agit en étroite relation avec son milieu.


De très nombreux aliments ou médicament nous viennent de la forêt. Les Peuples Autochtones connaissaient déjà les nombreux effets thérapeutiques des plantes et des arbres. Parmi les nombreux exemples, nous pouvons citer l’écorce de saule, utilisée comme anti-inflammatoire. La salicine, molécule active, contenue dans l’écorce de saule sera synthétisée, bien plus tard, en acide acétylsalicylique, l’aspirine, bien connue de nos jours. Et pour conclure, le taxol, synthétisé à partir du taxus, molécule active tirée de l’if. Cette molécule est utilisée dans le traitement des cancers. Ce chefs-d’œuvre de la nature est un héritage que nous devons protéger pour les générations futures.


Nul n’a besoin de consulter toutes ces études pour savoir que la forêt est très importante pour tous. Elle contribue à la protection des sols, à la purification des eaux et de l’air et a des effets thérapeutiques sur la santé. Elle fournit à la faune un refuge voire un habitat, ainsi que de la nourriture. Elle est donc indispensable à la vie sur terre ! Pour cela, il nous faut la protéger.

La sylvothérapie, contrairement à ce qui est écrit sur internet, n’est pas synonyme de Tree hugging (voir ci-dessous). La sylvothérapie, est un mode de soin qui consiste à installer certains convalescents ou malades dans un espace forestier pour leur faire bénéficier des bienfaits de la forêt. Au 19ème et 20ème siècle, l’air pur était l’objectif primordial des soins aux personnes malades de maladies pulmonaires.


Mais aujourd’hui, comme au Japon et dans le nord de l’Europe, la sylvothérapie c’est développée autour des nombreux bienfaits, cité plus haut, que procure l’espace forestier. Ainsi, dans ces sanatoriums forestiers, plusieurs maladies sont soignées, mais elle est aussi utilisée dans la convalescence du malade, ou simplement pour se refaire une santé.


Quelques termes de vocabulaires :


Les monoterpènes sont l’un des éléments principaux des essences végétales aromatiques appelées huiles essentielles. Les monoterpènes sont émis dans les plantes. On peut en trouver dans plus de deux milles plantes de soixante familles différentes. Les propriétés des monoterpènes, suivant la plante ou ils sont issus, sont expectorantes et mucolytiques, se sont des oxygénateurs, ils ont des effets cortico-stimulant. Ils entrent dans la protection contre la phase d’initiation des carcinogènes, inhibent la croissance cellulaire cancéreuse, accélèrent la mort cellulaire programmée des cellules tumorales et sont des antiseptiques reconnus.


Les phytoncides sont des molécules excrétées par les arbres leur permettant de se défendre contre les bactéries et les champignons, et dont on reconnaît les bienfaits sur la santé humaine.


Tree Hugging est un terme définissant le fait d’enlacer des arbres pour ressentir leur énergie. En effet, le contact physique avec les arbres serait très bénéfiques !

Si se trouver parmi les arbres apporte le calme et la sérénité, ce sont les vibrations qu’ils émettent qui agissent véritablement sur notre corps.

Il suffirait de s’adosser à un arbre, en appuyant la main droite sur l’estomac et la main gauche sur le dos pendant au moins 20 secondes pour capter l’énergie de l’arbre et bénéficier de ses vertus. Il y a de plus en plus de Tree Huggers en France et en Suisse. Ces derniers organisent des sorties en forêts pour méditer auprès des arbres et se recharger de leur bonne énergie.


Maurice Hennart, article publié dans le périodique "La Feuille" en mars 2014